Ca fait pas mal de temps qu’on regarde en arrière
Qu’ils nous promettent la lune, les experts les malins
Tous les fins…les finauds qui dirigent la Terre.
La Mondialisation, la Globalisation
V’là qu’on n’entend plus qu’ça jusque dans not’village
Ca d’vait faire débarquer l’bonheur dans nos maisons
Après jusque quelques sursauts, jusque quelques réglages.
Eh ben on n’voit rien v’nir, ni Marcel, ni Roger
L’un qu’était cadre et l’autre p’tit paysan moyen
Qu’on a restructurés, fusionnés, r’déployés
Et qui se r’trouvent égaux maint’nant qu’ils n’ont plus rien.
Marcel il dit qu’sûr’ment là on est mal placés
Qu’ailleurs y a du soleil, des gens heureux qui rient
Mais oui, il a vu ça l’autr’jour à la Télé
Mais pourquoi z’ont fermé l’école et l’épicerie ?
Il dit qu’ça veut rien dire c’ qui arrive dans un pat’lin
L’ Marcel, qu’y faut tout voir à l’échelle planétaire
Et qu’il y a des Pays où les exclus vont bien
Où les mecs sous payés, ils ont la pêche d’enfer !
Où le quart- monde il mord la Vie à pleines dents,
Comment ?…Il n’a plus d’ dents….C’est c’que j’pensais c’est clair
Marcel il pète les plombs d’puis qu’il a plus ses champs
Et qu’on a transformé ses vaches en hamburgers.
L’ Roger y dit plus rien, ça fait dix ans qu’y chôme
Qu’il a des séminaires, des formations , des stages
A poursuivre du vent, y r’ssemble à un fantôme
Abonné chez Picrate, il fait dix fois son âge.
C’est qu’du pipeau tout ça, montrez moi l’embellie
Les ceux qu’ont du travail doivent se tuer au boulot,
D’accord, z’ont des portables, le web qui les relie
Mais pourquoi z’ont fermé la poste et le bistro ?
L’ autre jour j’entendais un Monsieur de Mon Cul
Ou de Mes Couilles qui m’Grattent ou de N’Importe Quoi
Dire dans mon transistor arrogant, convaincu
Qu’sa Mondialisation ça créait des emplois…
Ouah ! Putain j’ai vu rouge, j’aurais voulu l’avoir
Là, juste en face de moi pour lui demander où
Pour lui demander quand, eh ! repond gros connard
T’as vu qu’on embauchait….En tous cas pas chez nous
Peut être qu’il parlait d’ces enfants qu’on enchaîne
Là bas dans le Tiers Monde, dans ces Pays si tristes
Qui bossent douze heures par jour pour un dollar à peine
Tandis que leurs frangines se vendent à nos touristes.
Vlà leur projet : retour deux siècles en arrière
Et pas qu’au Bangladesh, tu parles….jusqu’ici
Chacun pour soi….pour tous de minables salaires….
Mais pourquoi z’ont fermé l’usine et la scierie ?
Et comme ils parlent fort, dans la rue, dans l’journal
On finirait par croire au fond qu’ils ont raison
Qu’les pauvres deviennent plus pauvres, déjà ça d’vient banal
Y a Pas un autr’ chemin ?….Je pose la question.
Verrez bientôt ça s’ra l’Amérique par là
D’un côté des ghettos bien crades et puis bien gros
Quelques prisons tout près pour ceux qu’acceptent pas
Puis un p’tit quartier d’riches gardé par des Rambos.
Lors me dites plus qu’demain on va raser gratis
On nous l’a déjà fait le coup d’l’av’nir radieux
Et des lend’mains qui chantent au bon vieux temps jadis
L’résultat aujourd’hui ne s’annonce pas mieux.
Non je ne déconne pas, r’gardez rien que chez nous
Dans ce p’tit bled qu’était tranquille….quoi : normal
Tout d’vient tell’ment privé qu’on sera privé d’tout
La preuve : ils vont fermer l’Ecole et l’Hôpital …..
Ca fait pas mal d’hiers….qu’on attend des demains !

C’est toujours mieux quand c’est bien dit. Merci pour cette piqûre de rappel, le Chat.
A lire aussi chez lui "Lausanne est une prison" un article qu’il a écrit pour Résistance, après un séjour à Gaza (lien sur la page d’accueil). Magnifique.