L’ORDRE PUBLIC EN QUESTION…..

Et si l’Ordre Public, tel que l’on nous en parle dès  qu’il s’agit de défendre une pseudo « tranquillité » n’était rien d’autre que la partie emergée d’un gigantesque continent dont les fondements invisibles seraient bien en train de se désagréger au risque de faire disparaître toute notre Société corps et biens!….

En d’autres termes est ce que finalement on ne serait pas en train de confondre dans la majorité des cas, les causes avec les conséquences:les fauteurs de troubles à l’Ordre Public ne seraient ils pas souvent le résultat de causes bien plus surnoises et bien plus profondes, et qui effectivement les précipiterait dans la délinquance autant que dans la violence….

Le véritable responsable m’est apparu au travers d’un écho entendu ce matin…..Apparemment hors sujet me direz vous, et pourtant pas tant que ça si on le  place en perspective dans le temps autant que dans l’espace !

Il paraîtrait en effet qu’ aujourd’hui 1 Japonais sur 6 vive en dessous du seuil de pauvreté….Le Japon qui fût en son temps et à partir des années 70 le champion de monde de la croissance et de la puissance industrielle!…..De même que les USA , la Grande Bretagne, l’Allemagne et bien d’autres en plus de nous mêmes, connaissons une situation au terme de laquelle des dizaines de millions de personnes restant sur le bord du chemin finissent par perdre tout espoir de « construire » leur vie, et n’ont effectivement plus d’autres moyens après avoir été écartés  que de vivre en marginaux….Avec bien sûr les débordements que l’on finit par rassembler et globaliser sous le vocable de « Troubles à l’Ordre Public » !

Ne faisons pas toutefois d’angélisme en généralisant : les incivilités, les délits et même les crimes ont toujours existés….Ils ont toujours justifié l’existence d’une Police et des Forces de l’Ordre…..Il n’est question que de ce surcroît d’évènements qui pourrait faire croire que nous avons effectivement changé d’époque….Comme si c’était la Nature Humaine qui avait changé en même temps que l’individu, et que l’on avait totalement modifié les Règles de la Société dans laquelle on l’obligeait à vivre ou plutôt à survivre…..

Et ce mal, s’il faut le désigner par son nom c’est tout simplement le Libéralisme !….Surtout pas le Libéralisme qui tire son étymologie du mot « Liberté » et qui aurait plutôt tendance à me convenir….Non, mais plutôt du Libéralisme Sauvage » et qui correspond à une sorte de démission de l’Etat par rapport à son rôle d’Arbitre et de Régulateur…..

Laissez faire le Marché !…..Faire jouer la Concurrence !….telles sont les règles dont on nous a rebattu les oreilles, auxquelles on aboutit et qui nous valent finalement de nous retrouver face à des Ententes, des Lobbies et des Monopoles , contre lesquels le Gouvernement se contente parfois d’aboyer et qu’il convoque à Bercy ou à Matignon, juste le temps d’une remontrance pour aboutir à quelques bonnes résolutions qui en général ne dépassent pas le perron où s’amassent les journalistes !

Ce fût le cas des Banquiers, des Constructeurs Automobiles, des Restaurateurs…..Ce sera le cas de Monsieur Mittal suite à la visite du Président à Gandrange….Et pendant ce temps là, les anomalies se perpétuent, le sort des plus petits ne s’améliore pas à moins qu’il s’aggrave….Quand on est dans la Rue….et même quand on s’en rapproche ou que l’on a peur de s’y retrouver , la Rue devient effectivement un lieu d’expression ou même « d’agissements »….Et c’est à ce moment précis que l’on cesse de devenir un Être Social pour se  transformer en « Fauteur à l’égard de l’Ordre Public »….La délinquance alors n’est plus un trempoline sur lequel on cherche à rebondir, mais tout juste un toboggan que l’on dévale et qui vous emmene au bac à sable!

Et si le Gouvernement plutôt que de jouer à Ponce Pilate se lavant les mains devant les foules ébahies avait conservé le moindre contrôle ne serait ce que face aux abus auxquels il est désormais confronté, plutôt que d’y assister en levant les bras…. Mais non il semble qu’il se soit retranché dans ses Palais  en faisant même parfois preuve d’une naïveté deconcertante !

A cet égard l’exemple de la baisse de la TVA dans la restauration est parfaitement exemplaire…..Alors que cette mesure n’était encore qu’à l’etat de projet, que n’ont ils lus dans les « Cahiers du Chat de Gouttières » ce qu’il convenait d’en espérer !…..Aujourd’hui il s’agit tout de même de 2 milliards € que l’Etat a transféré directement et pour une grande partie de ses Caisses aux Poches des Restaurateurs !…..Pas plus d’emplois crées que d’investissements réalisés….En tous cas pas dans les proportions attendues….Quant à la baisse des prix, à de rares exceptions près…Jugez en vous mêmes!…..Face à cela la réponse de l’Etat consiste à admettre qu’effectivement aucune  contrepartie n’avait été prévue….On a lâché 2 milliards comme ça….sur la bonne tête des patrons des cafés et des restaurants…..Dans cette affaire dites moi où se situent les vrais « Fauteurs de Troubles »?

De la même façon , on déplore les troubles causés par les Agriculteurs la semaine dernière…..Ils ont jeté des patates sur la chaussée….Laissez moi à cet égard vous raconter une histoire….

Plus particulièrement celle de ce même sac de 2,5 kilos de pommes de terre qui valait aujourd’hui 3,23€ dans une moyenne surface du Centre Ville et seulement 0,79€ dans une autre en périphérie à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau !…..Dans cette histoire et avec des écarts pareils , je me doute bien que le sort du Producteur ne représente même pas la valeur des épluchures….Dès lors on peut comprendre leur colère, à eux qui ont fait tout le travail par rapport aux « cols blancs » qui après les avoir estourbis transforment le Marché en Jungle inextricable…..

Encore une fois, et dans cette affaire, dites moi où se trouvent les véritables « Fauteurs de Troubles »?

Ajoutez à celà un soupçon de sentiment d’injustice et un zest de réprobation face à certaines inégalités, un rejet face à certaines arrogances et un brin de lassitude qui tourne à l’angoise et l’on assiste effectivement à des disjonctages que la Société dans son Souci de Bienséance a vite fait de réprimer sous prétexte de « Trouble à l’Ordre Public »

Un salarié qui se suicide, c’est aussi si l’on y regarde bien « Un Trouble à l’Ordre Public »…..Mais celui là déconcerte tout le monde….Quand le Délinquant se confond avec la Victime, l’Ordre Public est désarmé…..En est il moins « troublé » pour autant?……Et quand on pense que ceux là éprouvent en plus le besoin de nous accuser du haut de leur corde, cela devient proprement insoutenable !….En tout cas même si ça ne trouble pas au sens habituel des mots: ça dérange, ça déménage et ça plombe !…..Et bien évidemment en matière D’Ordre…ça fait plutôt Désordre! 

Parler de l’Ordre Public en n’alignant que des flics, des caméras et des statistiques peut relever de la Politique à court teme et à usage interne, qu’il s’agisse de faire de la gonflette ou de préparer les peripéties futures liées à des Avenirs Politiques Hypothétiques et Aléatoires…..En tout cas cela revient à  passer totalement sous silence les véritables causes de l’accroissement des « Troubles à L’Ordre Public » tels que l’on en parle quand il s’agit en particulier de faire mousser « quelque chose ou quelqu’un »….Les véritables causes, elles s’appellent: désespérance, lassitude et déception , et quand on n’a que des Forces de l’Ordre à leur opposer on ne fait que d’écumer l’eau du pot au feu sans pour autant s’attaquer au morceau qui continue de bouillir dans la marmite….Pour combien de temps encore?

A propos chatdorleans

Orléanais
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5 commentaires pour L’ORDRE PUBLIC EN QUESTION…..

  1. Catherine dit :

    Le temps que la nouvelle bulle financière crève. Pas longtemps, donc. Reste à déterminer la manière dont on s’attaquera au morceau.

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  2. minijack dit :

    Entièrement d’accord avec cette analyse.
    La question est : « comment y remédier » ?

    Il me parait évident que si nos politiques continuent à ne pas voir comment les choses se dégradent ni pour quelles raisons, nous allons droit à une nouvelle « révolution » avec son cortège d’exagérations et de chasse aux sorcières.
    Dans le contexte socio-économique actuel et compte-tenu de la dette extérieure déjà importante, on ne s’en remettrait pas, et je crois que les gens en ont conscience, c’est pour ça qu’il ne se passe rien. Tant mieux. Mais ça ne peut pas durer pour autant.

    L’abolition des « privilèges » de certains — et pas que des politiciens mais de tout un microcosme essentiellement parisien qui n’a plus les pieds par terre (politique, financier, culturel, médiatique) — serait un bon moyen de désamorcer cette crise là qui est avant tout sociale.

    Reste à déterminer ce qu’est un « privilège » au regard de chacun… car si l’on voit facilement la paille dans l’oeil du voisin, on a du mal à considérer la poutre qui est dans le sien.

    Selon moi, ce sont avant tout les rentes de situations. Qu’il s’agisse de la garantie de l’emploi d’un fonctionnaire (un vrai « privilège ») ou de l’avantage d’être héritier d’un patrimoine (entreprises familiales, immobilier locatif ou autre) que l’on n’a pas gagné par soi-même, ce sont avant tout des critères qui faussent la concurrence et renvoient le « mérite » au dernier rang des valeurs.
    Je pense que c’est ça qu’il faut réévaluer pour que la société ne soit pas plus « égalitaire », ce qui est une connerie, mais soit plus « équitable » en termes de chances.

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  3. Catherine dit :

    Minijack,
    A notre époque, être l’héritier d’une entreprise familiale, si c’est une PME/PMI, c’est bien souvent un cadeau empoisonné.
    Un ami, après avoir travaillé des années dans les ateliers de la PME familiale (fondée par le grand-père), en a pris la direction à la retraite de son père. Il ne s’est pas fendu la poire. Il ne s’est pas enrichi nous plus. Son plus gros souci c’était  » Comment je vais payer mes gars ? Comment je fais pour ne pas licencier ?  »
    L’entreprise sous-traitait des pièces mécaniques, principalement pour l’automobile. Le tableau est tracé, vu que le marché automobile se casse la figure. Entre l’époque de ses grand-père et père et la sienne, de l’eau avait coulé sous les ponts. L’ami en question n’était pas un mauvais gestionnaire et il connaissait très bien son boulot, seulement les sous-traitants sont les premiers à devoir baisser leurs prix, à augmenter leurs cadences de production quand il y a un coup de feu, à être plantés au moment du paiement. Plantés par le client et plantés par le banquier, of course. Bon, la PME est fermée, il a recasé ses compagnons.
    Je ne suis pas en train de faire pleurer Lisette sur le sort des patrons ni de faire d’un cas une généralité, cependant les patrons de PME/PMI ne gagnent pas 15 ou 20 fois le salaire d’un de leurs employés les mieux payés. Certainement pas.
    Ce qui m’énerve, c’est ce sempiternel et aveugle haro sur le patron. Arrêtons de fourrer dans le même sac des hommes qui bossent sur le terrain et des bouffis nuls en tout, bardés de parachutes dorés qui n’hésitent pas à créer la misère car ils vivent de la misère.

    Question à deux ronds : Si « on » décide de ne rien changer et que pour qu’il y ait des employés il faut des patrons, et, pour suivre le Nouvel Ordre Mondial, de moins en moins de petits patrons et de plus en plus de patrons invisibles d’énormes lobbies, si « on » continue à laisser les banques fusionner avec les assurances, par exemple, si « on » continue à accepter l’économie virtuelle, la Vie virtuelle, comme j’en ai bien l’impression, qu’est-ce qui se passera ? Cave canem, surtout s’il est enragé.

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  4. Catherine dit :

    Au fait, ce soir 26 octobre 2009, sur la 3 passe le premier volet d’un documentaire « La mise à mort du travail », 2 1/2 ans d’enquête.
    Résumé ? Allez, résumé :
    « L’idée des auteurs – le producteur, Christophe Nick, et le réalisateur, Jean-Robert Viallet – n’était pas de faire un énième film sur la souffrance au travail, ni de stigmatiser des patrons voyous ou des salariés réfractaires à toute évolution, mais de montrer ces souffrances (c’est le premier volet) et d’en comprendre les causes (deuxième et troisième volets). Comment ? En analysant à travers le prisme de deux entreprises mondialisées (Carglass et Fenwick) la manière dont l’organisation du travail est surdéterminée par les deux contraintes macroéconomiques que sont l’actionnariat et la libre concurrence. En démontrant comment les logiques de rentabilité pulvérisent les liens sociaux et humains dans l’entreprise et sont en train de tuer le travail lui-même en le réduisant à sa seule composante économique. »

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  5. minijack dit :

    @Catherine
    Si vous me connaissiez un peu, vous n’auriez jamais imaginé que je prêchais la révolution prolétarienne. ;c)
    Je connais les difficultés des petites entreprises, ça fait quarante ans que je suis indépendant. Je ne parlais évidemment pas des entreprises artisanales de 0 à 20 employés voire plus, classées dans les TPE ou PME. Effectivement ces petits patrons là ne sont souvent que les esclaves à la fois de leur banquier et de leurs passeurs d’ordres lorsqu’ils sont sous-traitants.
    Je parlais des grosses entreprises, façon héritages Lagardère ou Dassault, ou même un peu moins grosses mais souvent cotés en bourse.
    (A quoi on peut rajouter tous les « fils de… » qui monopolisent les créneaux des médias, du showbiz ou de la politique.)

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