« IL EST INTERDIT D’INTERDIRE » ….VOUS VOUS EN SOUVENEZ?

Voilà encore un des slogans de 1968, qui ajouté à «  Sous les pavés, la Plage !  » et à la guerre déclarée contre la Société de Consommation devrait achever de convaincre nos  Révolutionnaires d’il y a déja plus de 40 ans que leur combat ne fût que folklorique et n’aura en aucun cas eu d’influence sur l’évolution à terme de la Société:les défis qui se dressent aujourd’hui face à elle autant qu’à ses enfants  auront finalement justifié que toutes ces images nous apparaissent aujourd’hui bien désuètes !  
Il nous a bien fallu admettre aujourd’hui qu’il n’y avait pas de plage sous les pavés mais qu’en revanche il commençait à y avoir beaucoup de gasoil et de goudrons sur le sable….La Société de Consommation n’aura jamais été aussi florissante qu’aujourd’hui,ne se préoccupant même plus de la qualité des produits qu’elle nous infuse entre les jouets de nos enfants qui contiennent des composants dangereux et les canapés « gratte culs » Made in China qui se chargent de venir nous pourrir les muqueuses à domicile!  
Quant à la formule : «  Il est interdit d’interdire  », il a bien fallu finir par accepter l’idée que nous avions fini par nous lasser un peu de notre aptitude à la contestation et de notre goût pour la «  Fronde  » en trouvant moins fatiguant de nous jeter dans les bras de dirigeants autoritaires, tout en gardant bien sûr, intact notre goût indéfectible pour la rogne, la grogne et la rouspétance….
Voilà bien pourquoi les lois et décrets à tendance «  liberticide  » n’ont pas cessé de déferler sur nos têtes depuis quelques années, s’appuyant en conclusion de campagnes savamment orchestrées auprès des lobbies frileux ou bien pensants, sur des frayeurs collectives montées en épingle et pour la bonne cause.
On aura su dresser les catégories de citoyens les unes contre les autres : les jeunes contre les vieux, les travailleurs contre les chômeurs, les bien portants contre les malades, les piétons contre les automobilistes, les hétéros contre les homos et même les hommes contre les femmes !….Pour gagner quoi ?…
Il est bien évident qu’à ce jeu là tout le monde finit par être victime un jour : à force de hurler avec les loups pour la sécurité routière, le tabagisme, les déjections canines, ceux qui abusent de la Sécu ou de l’Assedic on aura fini par toucher : le père de famille qui promène ses enfants, le retraité qui fume son paquet de tabac pour tuer sa solitude, la vieille dame qui n’a plus que son cocker pour compagnon, sans compter ceux qui sont malades pour de bon, ou ceux là même qui recherchent vraiment un emploi alors que toutes les portes se referment sur eux !
D’aucuns me reprocheront d’utiliser des clichés pour évoquer ces questions, il n’empêche que tout cela existe et que nul ne peut prétendre n’avoir pas eu à en connaître les conséquences un jour ou l’autre….Pourquoi me direz vous ?….Mais tout simplement parce que toutes ces limitations ou interdictions sont toujours assorties de sanctions financières….Voici donc, une fois de plus le Fric au secours de toutes les Morales : Citoyennes, Collectives et même Individuelles !
A ce jeu là, il est bien évident que nos dirigeants, toutes tendances confondues en auront rajouté des tonnes ne serait ce que pour venir au secours des Caisses plutôt exsangues !….L’impôt désormais ne suffit plus….les sanctions prennent le relais !
A ce jeu là, l’Etat aura trouvé d’indéfectibles alliés auprès des Associations qu’il s’agisse de celles qui s’occupent de la Société Routière que de celles qui «  font  » dans la Lutte anti tabac, et qui ces derniers jours se sont encore illustrées en demandant l’interdiction de fumer aux terrasses des cafés dès lors qu’elles sont couvertes. En même temps elles témoignaient de leur colère devant l’augmentation du tabac de 6% qu’elles  jugeaient insuffisantes et pas assez dissuasives !
Afin qu’ il n’y ait aucune équivoque sur ce qui va suivre, je précise que j’ai fumé ma dernière cigarette il y a près de deux ans aujourd’hui, mais que je n’en ai conçu aucune rancœur ni aucun acharnement à l’égard de ceux qui ont continué de fumer dans mon entourage autant que vis à vis de tous ceux que je croise une cigarette à la bouche ou la pipe aux lèvres !…..En revanche, il ne vous aura pas échappé que d’une façon générale , les représentants des associations anti tabac, ou anti quoique ce soit d’ailleurs, qu’il s’agisse de vin ou de sécurité routière, arborent d’une façon générale des visages (on ferait mieux de dure des «  tronches  ») à foutre le cafard à un régiment de clowns et qui pour un peu vous inciteraient à boire un petit cognac en fumant un cigarillo, juste le temps de bondir dans votre voiture et de démarrer en trombe pour fuir un monde devenu aussi triste !….
Les diverses Associations soit disant moralisatrices ou bien pensantes et qui se sont arrogées le droit de dire le Bien et le Mal à tout propos ont de plus en plus tendance à reprendre les attitudes et les propos de vieilles structures que l’on croyait à jamais disparues : qu’elles soient inquisitoires, jansénistes, jésuitiques ou même qu’elles s’inspirent de méthodes dérivées de celles de la Kommandantur, elles semblent se couler admirablement dans le moule que leur tend notre République revue et corrigée par notre Président !….Faudra t’il inscrire dans la Contitution cette nouvelle tendance à la moralisation des citoyens par d’autres érigés en milices punitives chargées de les appliquer ….Dans ces conditions, on peut comprendre la nécessité de redéfinir au terme d’un long débat cette pauvre «  Identité Française  » bien malmenée par les temps qui courent !
La dernière interdiction obtenue, il y a plus d’un an déjà concernait celle de fumer dans les bars, les cafés et les discothèques….J’admets que cette interdiction était parfaitement légitime dans les restaurants…Certes il était important de ne pas mélanger les genres !
Mais enfin, la cigarette au comptoir en buvant son café ne m’est jamais apparue comme un désordre grave à l’ordre public ni même comme un attentat contre la santé de ceux qui de toute façon n’y mettent jamais les pieds….Ceux là, demain, s’offusqueront de croiser des gens qui fument dans la rue faute de pouvoir le faire ailleurs…Bientôt on déclarera la guerre aux mégots sur les trottoirs…on demandera au fumeur de se prémunir d’une boîte à mégots qui jointe à la boîte pour les cacas du toutou constitueront le paquetage minimum pour toute promenade dans le Centre Ville !
La perversité du système consistait par ailleurs à pénaliser davantage le patron de l’établissement (135€) que le fumeur au comptoir (75€) avec au passage un problème qui n’a jamais été résolu : quelle autorité sera chargée de procéder aux contrôles et aux constats d’infractions et à leur sanction ?…La Police Municipale va t’elle encore s’enrichir encore d’une «  Brigade Anti Clops  » ? Verrons nous nos estaminets soudain pris d’assaut par des «  Gardiens Anti Fumée  » ou des «  Contractuelles Chasseuses de Pipes  » !
Un autre problème à caractère juridique me paraît pouvoir être évoqué au sujet de cette interdiction et qui a été soulevé au fil des semaines passées. En effet n’a t’on pas confondu «  lieu public  » avec «  établissement privé recevant du public  » ? Un Hall de Gare, une Galerie Marchande sont bien évidemment des lieux publics où le pouvoir de Police s’exerce naturellement, il me paraît en revanche qu’un bar, un café, une discothèque demeurent des endroits privés, recevant du public certes mais dont la seule responsabilité est placée sur les épaules de leur propriétaire qui peut décider de refuser l’entrée de son établissement dans certains cas, qui doit veiller au calme dans son affaire et y faire acte d’autorité si nécessaire, se réservant de faire effectivement appel aux services de la Police si besoin , mais à son initiative. Les contraintes de la loi pèsent d’ailleurs sur l’exploitant et qui sont pour la plupart légitimes : ne pas servir les mineurs, les consommateurs en état d’ébriété, faire respecter les convenances essentielles. Par ailleurs il convient de signaler que seuls n’y rentrent que les consommateurs volontaires, consentants et qu’il n’y a aucune obligation dans ce domaine. Peut on dès lors considérer son établissement comme un lieu public au même titre qu’un Local Administratif, Un Passage ou un Hall qui ne sont que des extensions de la Voie Publique ?….Je pense que cette question pourra être un jour débattue.
Peut être la voix de la Sagesse serait elle de faire comme nos amis espagnols chez lesquels le droit reste aux exploitants de décider si leur établissement est classé «  Fumeurs  » ou «  Non Fumeurs  »….Décidément, il n’y a rien de tel qu’un peuple qui a connu 40 ans de Dictature pour connaître mieux que les autres les moyens pour éviter d’y retourner !….
 

A propos chatdorleans

Orléanais
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2 commentaires pour « IL EST INTERDIT D’INTERDIRE » ….VOUS VOUS EN SOUVENEZ?

  1. minijack dit :

    Et pourquoi pas une « boîte à mégots » ?…
    Et tant qu’on y est également une « boîte à chewing-gums » !

    Ce n’était pas la peine de refaire entièrement le Centre Ancien en beaux pavés blancs pour les retrouver parsemés de taches noires qui vous collent aux semelles dès qu’il fait un peu de soleil. Alors oui, puisque l’éducation manque visiblement, je suis pour la boîte à mégots et la boîte à chewing-gums.

    Ce n’est pas revenir à une politique de répression idiote, c’est juste une façon d’obliger chacun au respect de son environnement et des impôts des contribuables orléanais.

    De la même manière, les propriétaires de chiens devraient être pourchassés avec beaucoup plus de vigueur et de sévérité lorsqu’ils laissent leurs bestiole faire ses besoins n’importe où.

    L’âge n’est pour rien dans l’affaire. J’étais à l’armée durant 68 et je suis donc passé complètement à côté de cette soi-disant « révolution » dont les principaux meneurs de l’époque sont maintenant tous des bons bourgeois, et le plus souvent des bourgeois de gauche.

    Pour autant, je ne m’interdit rien, et surtout pas d’ouvrir ma gueule même quand il faut interdire. Et tans pis si ça fait réac. Rien à foutre.

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  2. « Pour autant, je ne m’interdit rien […] Et tans pis si ça fait réac.]

    Hum ! Jacky ! Les « réacs », comme vous dites, le sont aussi sur le chapitre de l’orthographe. Ce n’est pas parce que vous avez tendance, en ces temps préélectoraux, à vous rapprocher du jeune villiériste, secrétaire des séances du Conseil Municipal, nommé par un Grouard goguenard qui ignore que la finesse ne se trouve pas dans le « bled », qu’il vous faut ne plus vous interdire aucune licence scripturale (ou scripturaire).
    Quant au discours du Chat, j’ai eu l’occasion d’écrire dans le même sens que lui il y a peu : les Français, en deux ans de Sarkozy, ne se supportent plus ! Si l’égalité ne s’est pas améliorée, la liberté en a pris un coup. Quant à la fraternité… Monsieur Bergé se serait-il permis de nous servir son énormité il y a plus de deux ans ?

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