PANORAMA….

Ce soir, en feuilletant une fois de plus le recueil de poèmes de mon ami Bernard Dimey qui n’est jamais très loin de moi…..Je me retrouve face à face avec ces lignes écrites il y a aujourd’hui un peu plus de 40 ans, et qui nous donnaient du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui une vision très approchante de ce qu’il est finalement devenu…..Une énorme bombe qu’il faut manier avec les plus grandes précautions ….Alors qu’à l’époque nous avions le sentiment de naviguer sur une mer calme et sans vagues….Il me semble bien que sous tous ses aspects Bernard Dimey ait entrevu , en y glissant les détails les plus réalistes dont il avait le secret , mais hélas tellement exacts aujourd’hui …..La poudrière sur laquelle nous tentons encore de survivre ……

 

Un petit enfant jaune aux yeux bordés de mouches

Agite ses pieds sales…..Une poignée de riz

Arrive droit sur lui pour lui plâtrer la bouche.

Un clodo pleurnichant bouffe un clope et sourit

Puis s’en va roupiller, le kil à sa portée,

Sous le pont d’Austerlitz, avec d’autres tordus

Qui traînent leurs godasses à longueur de journée

Et dorment par paquets sous un tas d’invendus.

 

 

Une vieille bourgeoise encore mal réveillée

Sent qu’elle va mourir et que c’est effrayant

A peine a t-on vécu que la page est tournée;

L’adultère y compris, rien ne fut attrayant.

Un évêque, un marchand de farces et attrapes,

Un ancien sénateur, quatre soldats texans,

Un général si fier de sa force de frappe,

Pour qui n’être pas Dieu semblait assez vexant,

Tous ces gens vont mourir à la même seconde

Sans comprendre un instant d’où ce mal peut venir.

Un savant mutilé songe à la fin du monde,

A la façon du moins dont ça pourrait finir.

 

 

Un Africain du Nord aussi dur que les pierres,

Aussi malheureux qu’elle a soudain décidé

Qu’Allah n’était qu’un con …..Il oublie ses prières

Saigne quatre personnes et se fait dessouder.

 

 

Un riche Américain confit dans sa morale,

Imbibé de whisky depuis soixante quinze ans,

S’offre une apoplexie près d’une horizontale

Qui vient de son village et qui n’a pas seize ans.

Trois cents nègre et deux blancs vont sur la route et chantent.

Certains n’y gagneront qu’une balle en plein coeur,

Et moi qui m’en foutait comme de l’an quarante,

Je crois bien que ce soir , ces gens là me font peur…..

 

Et que l’on ne me dise pas que tout ce qui nous arrive aujourd’hui était imprévisible…..Bernard Dimey n’était ni un visionnaire ni un fakir: il était seulement sensible à ce monde qui commençait déjà quelque peu à s’enrhumer …..Aujourd’hui il a une grosse grippe et voilà tout…Demain?….Nous verrons bien !….Et ne me dites pas que je suis pessimiste…Parce qu’enfin l’inverse de la Lucidité n’a jamais été l’Optimisme qu’il ne faut pas confondre non plus avec l’Aveuglement !

Que cela ne m’empêche pas toutefois de vous souhaiter à tous une Bonne Année 2015….Et comme chaque année j’ajouterai sans risque de me tromper : une année bien meilleure pour la plupart d’entre vous que celle qui se termine……Vous voyez bien !

 

A propos chatdorleans

Orléanais
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2 commentaires pour PANORAMA….

  1. mobal dit :

    Dans quel recueil de Bernard Dimey se trouve ce poème ? Merci , le lire fait du bien .

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  2. chatdorleans dit :

    @mobal: ce poème est extrait de « Je ne dirai pas tout » (Editions Christian Pirot) Sans doute épuisé aujourd’hui……Vous pouvez en retrouver peut être sur Ebay ?….Bonne chance à vous et Très amicalement .

    J’aime

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