DE « L’ANAPHORE » AU « KAKEMPHATON » ?… (subtilités de la langue Française !…)

Il s’agit de vous entretenir ce soir (enfin n’exagérons rien…) de deux figures de style que comporte, entre bien d’autres, la langue Française à savoir l’anaphore et le kakemphaton…

L’anaphore a connu son heure de gloire après que François Hollande dans son discours du Bourget et tout au long de sa campagne de 2012 lui ait conféré une importance inattendue. Nous nous souvenons tous, en effet de la longue série « Moi Président je ferais (ou je ne ferais pas) et qui s’égrenait comme un chapelet interminable en une litanie dont il s’est avéré avec le temps que dans l’affirmative autant que dans la négative elle correspondait au contraire très exactement de ce qui aura été fait ou pas….

Après cette nouvelle série « anaphoriqsue » qui témoignait déjà des difficultés à rester dans le cadre de la première version qui lui avait valu l’enthousiasme populaire, et qui l’avait porté à l’Elysée….

 

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Voici que l’on en est arrivé à la version beaucoup plus désabusée d’aujourd’hui..

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Une autre Anaphore « Nana forte », et qui ne doit pas être confondue avec l’anaphore que je viens d’exposer ,puisqu’il s’agit d’Anne Hidalgo la nouvelle Sainte Geneviève de Paris qui elle, avait chassé les envahisseurs de la capitale ..La nouvelle Nana Forte de Paris s’attaquant quant à elle aux voitures !…

A l’heure où Madame Anne Hidalgo, en 1959 mouillait sa première couche culotte à Saint Fernando (Espagne) je vivais mes 20 ans à Paris….Oh ! bien sûr il y avait déjà des problèmes de circulation et il ne saurait être question de prétendre que la situation d’aujourd’hui soit comparable….Mais enfin entre temps Monsieur Pompidou nous avait conçu cette  voie sur berge, le périphérique avait apporté un soulagement dans le trafic….Toutes choses dont Madame Hidalgo hérita et qu’elle s’empressa de rebaptiser « autoroutes urbaines » …Oh le vilain nom !…La guerre était déclarée : les voies sur berges redevinrent voies piétonnes , on limita l’entrée dans Paris aux véhicules les plus récents , instituant par là un apartheid basé sur la fortune à l’égard des automobilistes, et principalement envers ceux qui étaient obligés d’avoir une voiture pour venir travailler….

Transformant la traversée de la capitale en corrida permanente et infernale et en obligeant les voitures à emprunter les quais au lieu des voies sur berges, elle tuait du même coup les petits plaisirs de boire un café sur les quais, de flâner le long du Palais du Louvre, au risque même en plus de faire crever les animaux sur le Quai de la Mégisserie et pourquoi pas tous les résidents des bords de Seine !….

Après l’anaphore de François Hollande….La Nana Forte de l’Hôtel de Ville…Revenons donc à nos moutons comme le disait Madame Hidalgo en accordant un visa d’entrée à plusieurs milliers de moutons d’Ouessant pour venir tondre les talus et les pelouses le long du Boulevard Périphérique!…Sans doute aura t-elle oublié que cela aurait pu créer des emplois, mais surtout qu’un employé municipal …ça attend d’être rentré à la maison pour poser culotte !… A croire que c’est vraiment une « Nana Forte » que celle qui sera parvenue à transformer les émanations de CO2 sur le périphérique en odeur de fiente moutonnière !…

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Reprenons donc, si vous le voulez bien l’étude d’une figure de style de notre langue bien moins connue….J’entends le « Kakemphaton »…..

Parmi toutes les figures de style que comporte la langue française , le kakemphaton reste sans doute la plus mystérieuse, puisque dans tous les cas une interrogation subsiste : l’auteur l’a t-il fait exprès ou bien cela lui a t-il échappé ?….

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Le kalemphaton apparaît comme un calembour involontaire, et qui par le rapprochement de deux sons peut contribuer à donner un tout autre sens à la phrase , voire même à provoquer le rire ou la surprise aux moments les plus inattendus….Juste le temps de nous faire sourire ou de nous laisser entrevoir l’espace d’un instant un brin de fantaisie ou même souvent de paillardise chez les plus austères de nos tragédiens voire les plus sérieux de nos auteurs…..

Qui eût pu penser que Corneille ait pu mettre dans la bouche de son héroïne Sabine ces mots glissés dans sa tragédie « Horace:

« Le suis Romaine hélas! puisque mon époux l’est« …..

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Plus tard, il modifia son vers et doubla la mise en quelque sorte: « Je suis Romaine hélas! Puisque Horace est Romain », laissant trainer au passage un « Je suis Ro- Ménélas«  qui s’avéra du meilleur effet….

Et c’est encore Corneille à qui nous devons les célèbres vers contenus dans « Polyeucte »

« Vous me connaissez mal: la même ardeur me brûle

Et le désir s’accroît quand l’effet se recule »

Vous avez bien dit quand « les fesses reculent  » !….Il suffit pour amortir cela de mettre la césure au bon endroit !….

Une autre perle kakemphatonique , l’une des plus belles assurément , nous la devons à Adolphe Dumas ( rien à voir avec Alexandre) et qui dans son poème épique « Le Camp des Croisés  » est passé à la postérité grâce à ces deux seuls vers:

« Je sortirai du camp , mais quelque soit mon sort

J’aurai monté du moins comme un vieillard en sort! »

Et voilà comment un vieil hareng saur peut suffire à immortaliser un auteur….

Citons encore Victor Hugo dans le « Souvenir de la nuit du 4 »

« Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend »

Son crâne était tout vert ?….

Et puis aussi Jean Baptiste Rousseau ,dont l’oeuvre n’est venue jusqu’à nous que grâce à un seul  vers de son poème par ailleurs tombé en désuétude « La Postérité », laquelle, notons le  lui l’aura bien mal rendue…..

« Vierge non encore née, en qui tout doit renaître »

Après tout cet « encorneur » de vierges n’aura finalement eu que ce qu’il méritait……

Le Kakemphaton s’est fait plutôt rare de nos jours….Je voudrai juste vous en citer un , tout à fait volontaire cette fois de Charles Trenet qui, de lui même nous avait fait savoir que dans sa chanson « A la porte du garage » de 1958 , quand il nous chantait « Je t’attendrai à la porte du garage » …..Il fallait comprendre « Je tâte André à la porte du garage »!…..

Aujourd’hui pourtant le kakemphaton garde encore dans le langage courant une expression que nous a légué Pierre Desproges:

 » Le Doute m’habite ! »

Et grâce auquel je me réveille chaque matin…Mais hélas, ou plutôt heureusement, à mon âge il n’y a plus que mon doute qui continue à prendre chaque jour de l’ampleur…..Et dire que certains prétendent encore que l’on appelle ça la Sagesse !….

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