JE NE FERAI PAS MES ADIEUX….

Tout d’abord, je vous rassure….Je n’en ai pas l’intention, ce n’est pas le jour et je me sens très bien !….

Seuls ceux qui ont été de très Grands , je pense à Maurice Chevalier, à Charles Trenet et à quelques autres, et qui parfois même se sont laissés aller à les faire plusieurs fois….A la demande de leur public, le plus souvent , peuvent être exonérés des réserves que j’émets dans ce billet à propos de cette affreuse manie qui consiste à faire ses adieux comme un chantage, et dans le style « Rappelez moi où je vous fais croire que je m’en vais ! »

Et pourtant, « Faire ses Adieux », reste  sans aucun doute  tout ce que l’on peut souhaiter à quiconque se sera risqué à chercher le succès, à plaire au public, qu’il s’agisse de spectateurs, de lecteurs ou même d’électeurs…A condition toutefois de partir une bonne fois pour toutes !

Pendant des années on se grise, puis l’on commence imperceptiblement à se consumer, l’âge autant que la lassitude pouvant se mêler, si l’on ajoute à cela le fait que les goûts et les tendances se chargent de nous faire sentir un jour que l’on n’est plus tout à fait dans le coup…..Un jour l’idée s’impose: il va falloir décrocher, tirer sa révérence, et surtout le faire dignement, élégamment et cela même si c’est à contre coeur…..

Ah!….Savoir que l’on joue la dernière d’une pièce, que l’on signe son dernier billet ou que l’on prononce son dernier discours!….Ah! réaliser qu’il va falloir laisser la place et que le vent a tourné…..le destin aussi!

Sur ce thème, Sacha Guitry a tout dit: il suffit de relire « Debureau » ou « Mon Père avait Raison »…..Non pas pour savoir ce qu’il convient de faire afin de quitter la scène dignement, mais simplement pour se convaincre que l’échéance est inéluctable et qu’il convient de le faire de façon convenable au risque de tout gâcher, y compris tout ce que l’on aura pu faire d’acceptable auparavant…..Partir c’est peut être mourir un peu, néanmoins dans les deux cas il est vrai que c’est le dernier visage que l’on présente à ce moment là qui s’inscrit dans les mémoires……Avant que tous vous oublient !

A cet égard c’est le privilège de ceux qui s’en vont jeunes que de laisser d’eux mêmes et pour toujours une image avantageuse! …..

Pour ma part, il m’est arrivé aussi d’avoir peur des « dernières » qu’il s’agisse d’un spectacle qui se terminait, d’une liaison qui s’essoufflait ou de quoique ce soit qui à un moment donné m’échappait…..Dans la plupart des cas, j’ai souvent « joué la dernière » en ignorant que c’était effectivement le jour où le livre se refermait…..Ce n’est que le lendemain ou peu de temps après que j’ai souvent découvert que le train n’était plus à quai et qu’il allait falloir penser à autre chose….Peu d’atermoiements, pas de tristesses anticipées ou de larmes de circonstances…..En revanche plein de surprises et pratiquement pas de cas de figures où j’ai eu l’impression de faire mes adieux à rien ni à personne….Peu d’agonies interminables….Rien que des morts subites, et c’est très bien ainsi….Pourvu que ça dure!

Je pense néanmoins très sincèrement que nous avons tous connu ce temps où le cabotinage nous a frappés ….Le cabotinage ?….Une manière de héler le public et tous ceux qui vous entourent , comme pour leur dire… »Mais regardez moi, je suis différent de vous , et n’oubliez pas de m’apprécier si vous me connaissez ou tout du moins de m’applaudir si vous ne faites que de m’écouter… » Et bien croyez bien que tout cela passe et que lorsque l’on retrouve la vraie vie au milieu des siens ou de ses amis, quand l’âge est venu, on apprécie de goûter le plaisir de retrouver les autres , tous les autres, sans éprouver le besoin de se déguiser en clown plus ou moins savant…. Et comme cela fait du bien de reprendre  le plus simplement du monde sa place autour de la table !…..

A ce propos, je remercie le destin qui m’a permis  de goûter assez jeune aux sucs du cabotinage….Cela m’aura permis de les apprécier suffisamment avant que n’arrive le temps de tirer parti de mon expérience et d’admettre qu’il était désormais grand temps de retrouver tous ceux que j’aimais…..Puisque l’heure était revenue de goûter à L’Amitié (la vraie) autant qu’à l’Amour (l’authentique)…….

Je plains en revanche ceux que le succès ou une certaine forme de notoriété auront frappé à un âge respectable, et parfois de façon soudaine autant qu’inattendue…. Presque par surprise ou même à leur insu, ce qui fait que l’on ne risque plus de les voir désormais sortir de leur nouvelle condition …..Ceux là, qui se seront révélés  sur le tard, tant aux autres qu’ à eux mêmes… Ceux là, auxquels il reste  tant d’années de cabotinage à rattraper, avant de pouvoir faire valoir leurs droits à la retraite au titre de saltimbanque,   qu’ils risquent bien, en plus de devenir ridicules et invivables pour leur entourage , de tomber finalement un soir de leur piédestal, à force d’être toujours en représentation, et ceci  avant même que d’avoir eu l’occasion d’en redescendre pour pouvoir comme le disait  ce brave Joachim du Bellay: « Vivre entre  leurs parents (et amis) le reste de leur âge »

Pour ma part je crois que j’aurai toujours joué chaque représentation en me disant que cela pouvait être « la dernière »…..Un jour il s’est avéré que c’était vrai….Et c’est ainsi que la question de faire mes Adieux ne s’est jamais réellement posée….

Alors en guise de conclusion et pour que chacun se fasse une idée sur la meilleure manière de prendre congé et de ne pas rater la dernière marche, permettez moi de vous offrir ce texte d’une chanson de Charles Aznavour au titre éloquent, et de circonstance: « Je ne ferai pas mes Adieux » .

J’en connais qui prétendent à l’année sabbatique

Seuls et loin de la foule au Pôle ou au Tibet

Qui font main sur le front des confessions publiques

Jouant les « mals dans leur peau », allergiques au succès

Ils veulent oublier les chasseurs d’autographes

Echapper aux médias, sauver leur Vie Privée

Mais suivis comme une ombre par un photographe

Dans leur quête du moi et leur identité

Très tôt ils parlent de Retraite

On les prendrait presque au sérieux

Mais quant à moi, la chose est nette

Je ne ferai pas mes Adieux

N’ayant pas pris la Vie avec le vent en poupe

La voie étant barrée, il m’a fallu l’ouvrir

Je me garderai donc de cracher dans la soupe

J’ai eu bien trop de mal à la faire bouillir

Moi, les fausses sorties me pompent l’oxygène

Les faux intellectuels doucement rigoler

On compte sur la main ceux qui ont quitté la scène

Les autres….Le Public leur a repris les clés

Sincèrement mieux vaut en rire

Regardez moi bien dans les yeux

Quoique l’on puisse écrire ou dire

Je ne ferai pas mes Adieux.

Ces petites natures ermites du dimanche

Champions du « je sais tout » qui s’écoutent parler

Dès que le chiffre de vente de leurs disques flanche

Sans un mea culpa foncent dans la mêlée

Avouez que les coups de pied au cul se perdent

Les « Je pars », »J’en peux plus », les « Coucou c’est re-moi »

Avec un nouveau look, un nouveau son …Et merde

Tu restes ou tu t’en vas, mais t’en fais pas un plat

Quand il faudra tourner la page

Pour le moment, y a pas le feu

Je préviendrai mon entourage

Toutefois je ne ferai pas mes Adieux

A moins que je change avec l’Âge

Je ne ferai pas mes Adieux…….

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Orléanais
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