POURQUOI LES DAMES DE LA « HAUTE » RESIDENT ELLES EN BAS…TANDIS QUE CELLES DE « BAS ETAGE » S’ENTASSENT SOUS LES TOITS ?

 

« Le meilleur moment de l’Amour…..C’est quand on monte l’escalier !… » Ce mot fameux de Sacha Guitry a vraisemblablement dû inspirer le réalisateur du film « Les Femmes su sixième étage dans lequel Fabrice Lucchini se livre avec délectation à son habituel numéro de Monsieur plutôt jeune pour son âge….

Ce film ne restera pas dans l’Histoire du Cinéma, mais il traite néanmoins d’une question cruciale; et qui peut s’énoncer sous la forme d’un théorème dont nous avons tous pu vérifier la véracité tout au long de notre vie, à savoir que:

 » L’ âge de l’Homme est toujours inversement proportionnel à l’altitude  à laquelle il perd son pantalon »

Dans ce film, et à cet égard l’affiche est assez éloquente….Fabrice Lucchini marié à une Sandrine Kiberlain, si délicieuse au naturel mais  emmerdeuse à souhait pour les besoins du scénario n’en finit pas de lever les yeux vers le ciel jusqu’à être attiré par le monde des bonnes espagnoles du 6° étage qui va finir par l’attirer jusqu’à lui faire sentir que non, décidément  tout cela n’est pas si facile qu’il y paraît…..L’action se situe au début des années 60, où effectivement les jeunes femmes espagnoles arrivaient par milliers pour faire le ménages et s’occuper des enfants des Bourgeois et des Cadres en pleine époque des 30 Glorieuses……

C’est à cette époque , que  moi même, la vingtaine bien assurée j’étais devenu un familier des escaliers de service où je rendais visite à mes amies étudiantes, employées toutes venues à l’assaut de Paris, de ses lumières, de ses promesses et de moi même à l’occasion……En ai je monté des étages dans des escaliers taillés comme des échelles de meunier…..Combien de déménagements à la cloche de bois auxquels j’aurai participé par la force des choses….Une baguette oubliée pour le dîner, une ampoule grillée et c’était à chaque fois  six étages à descendre et à remonter…..

Derrière les murs sales et écaillés des escaliers de service, je devinais les somptueuses marches en marbre et recouvertes de tapis rouge de l’escalier principal, et puis surtout les ascenseurs susceptibles de vous jeter aux pieds de votre belle au 5° sans même la trace du moindre essoufflement….

Passer de l’escalier de service, en jouant au passe muraille pour arriver au beau milieu du hall  de l’immeuble avec plantes vertes, moquette  et surtout  accès à l’ascenseur!….Voilà qui était devenu à mes yeux le symbole d’une ascension autant sociale que coquine, et que je m’étais fixée !

Je commençais à me détacher de l’escalier  de service et à accéder au grand hall grâce aux bontés d’une jeune concierge…..Bien sûr l’accès à sa loge ne me permettait guère de dépasser la ligne virtuelle des boîtes aux lettres ….Je l’aidais à sortir les poubelles et à répartir le courrier mais cela ne me donnait pas pour autant le droit ni de l’écrire, ni de le recevoir….Et encore moins  de le lire!…..

La maturité s’affirmant, mon charme s’aiguisant,  je décrochais un soir, d’emblée la timbale grâce à une jeune veuve qui m’ouvrit  très grand  les portes de son superbe appartement : balcon, vue sur la Tour Eiffel, Notre Dame et le Sacré Coeur en fond de décor, et puis surtout cet ascenseur capitonné et silencieux….

J’avais conquis les sommets que je convoitais…..Et comme tout alpiniste parvenu à son but…..Il ne me restait plus qu’à en redescendre !……

C est donc la Vie qui se chargea au fil des années de me faire  retrouver au fur et à mesure les niveaux intermédiaires jusqu’à me précipiter vers les plus bas étages: on ne peut pas éternellement conserver le dessus sur les autres et c’est ainsi qu’après avoir changé de quartier je me retrouvai quelques décades plus tard à fréquenter à nouveau les escaliers sans ascenseurs…. Cela devenait de plus en plus difficile de monter les étages et de devoir récupérer mon souffle avant même que de pouvoir dire bonjour à la dame de mes pensées qui hésitait à chaque fois qu’elle me voyait arriver haletant, entre me servir l’apéritif ou  me proposer   le masque à oxygène!..

Et c’est ainsi que d’étages en escaliers on finit  par franchir aussi des paliers !…

Le destin est cruel qui fait que dans les immeubles munis d’ascenseurs la décadence de l’âge vous oblige à les descendre pour vous retrouver dans les plus bas  niveaux, tandis qu’à l’inverse dans les immeubles à escalier et à partir d’un certain degré d’usure, de fatigue et de ce qui s’ensuit, vous vous retrouvez à devoir ne plus rencontrer que des dames qui habitent pratiquement sous les toits…..C’est fou ce que les dames de bas étage vous obligent à monter d’escaliers alors que dans le même temps il arrive que ce soient les « Dames de la Haute » qui tiennent le bas du fossé en vous faisant croire qu’elles tiennent le haut du pavé….

Tout cela est peut être un peu compliqué à gérer, et même difficile à digérer….Jusqu’au moment où vous décidez, vous même d’habiter une fois pour toutes au rez de chaussée….C’est à cet instant qu’il vaut mieux avoir su garder auprès de soi une douce compagne de « plain pied »…..Dans le cas contraire, vous pouvez commencer à dormir tranquille: jamais plus personne ne viendra vous voir  ni vous déranger….

Juste alors de quoi vous appliquer à vous même l’un des principes chers à Cyrano de Bergerac : « Ne pas monter bien haut…Peut être….Mais tout seul ! »…..

 

 

 

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