Non, vous ne vous trompez pas….Cette photo n’a pas été prise sur une des plages du débarquement, il ne s’agit pas non plus d’un vestige du Mur de l’Atlantique, d’un blockhaus rescapé où même d’un ancien point de passage le long du défunt Rideau de Fer !

Nenni! Vous êtes bien au bord de la Nationale 20 et c’est bien le “Zenith d’Orléans” qui vous accueille, si j’ose employer ce verbe, tant le lieu est d’apparence sinistre et même inhospitalière….
Il paraît qu’à l’intérieur on vous y mijote des féeries à nulles autres pareilles, et il est vrai que l’endroit ne manque pas de recevoir les plus grands noms, les plus prestigieux spectacles, et même à l’occasion les matchs de L’Entente Orléanaise de basket tant que notre équipe occupe encore une place dans le classement suffisante pour pour déplacer un petit millier de spectateurs!….Plus tard on avisera….Et s’il n’en reste qu’une dizaine, on pourra toujours en disposer cinq de chaque côté du terrain, il n’empêche que même si ils gueulent ça risque tout de même de faire un peu triste!
Enfin bref, et même si le bâtiment m’a toujours paru rébarbatif ….J’y fus ce Vendredi 20 Novembre à 16 heures pour aller voir à la demande de celle qui partage mes jours et qui comble mes nuits, (Encore qu’avec les années qui passent , je me demande si ce n’est pasl’inverse qui se produit) pour assister au récital de Michèle Torr….
J’en devine déjà quelques uns qui se marrent…Eh oui !…Michèle Torr….Les années 70….Que voulez vous….C’est un peu loin, mais c’est aussi un peu nous !
Il est vrai qu’un concert au “Zénith” un vendredi à 16 heures : ça apparaît plutôt bâché d’avance. Cela revient à interdire la venue de quiconque travaille encore et cela aboutit à transformer le concert en Réunion des Anciens Combattants !….En plus de cela, c’est parfaitement discriminatoire à l’égard de Michèle Torr de la couper d’une partie du public de moins de 60 ans et de limiter son assistance à un petit millier de personnes, tandis que André Rieu avec ses violons merdiques et ses valses viennoises poussiéreuses va obtenir la possibilité de bourrer à coup sûr la même salle parce qu’il aura été programmé un Dimanche à 16 heures, et tout ça parce que les enfants auront décidé d’accompagner leurs parents pour leur éviter de se perdre en rentrant….
Oui, André Rieu est aux Vieillards ce que Chantal Goya est aux enfants…..Pauvre Michèle Torr qui n’aura eu le droit qu’au Vendredi à 16 heures!
Rien à dire sur le spectacle….La voix est là, et rien que le fait de chanter “a capella” et sans micro dans l’enceinte du Zénith mérite le respect et force l’admiration de ceux là qui n’étaient pas obligatoirement des inconditionnels!
Les rotules craquaient un peu quans le public se mettait debout….parfois les dyalises chahutaient un peu, tantôt les couches culottes s’humidifiaient sous l’effet de l’enthousiasme , et l’on a même failli assister à l’explosion de quelques pacemakers un peu trop durement sollicités !….
En fait tout le monde était finalement content….Il ne manquait plus, pour que le fête soit complète que l’infrastructure humaine et l’organisation se soient trouvées au rendez vous….Hélas, il faut bien admettre que le sens commercial du personnel d’Orléans Gestion chargé de la logistique du “Zénith” ne se soucie guère, ni de la manière, ni de la forme pour recevoir et s’occuper du public….
Dès l’entrée, le passage entre ces barrières métalliques qui vous sélectionnent ( ceux qui ont leurs billets et ceux qui ne les ont pas) donne une sensation de troupeau….ce n’est pas une impression…Hélas!….En tout cas il en sera ainsi jusqu’à la fin de la soirée !….Vous irez de Gardiens en Cerbères, de Plantons en Agents de Sécurité, jusqu’à ce que l’un d’eux vous intime l’ordre de vous asseoir là….Il paraît que c’est votre place….
Chacun de ces “préposés”, dans la pénombre des halls ou de la salle encore sombre a des allures térrifiantes: à côté de ceux là, les vigiles d’Auchan, de Carrefour ou de la FNAC font figure d’angelots: la tenue est même parfois négligée pour ne pas dire douteuse: barbes mal rasées, chemises ouvertes, tenues disparates….Rien d’homogène….Rien en tous cas qui contribue à annoncer la Fête…..Plutôt une impression de hall de gare !
Très choquant aussi, le traitement réservé aux handicapés: pourquoi ne pas les placer en bas et finalement à niveau plutôt que de leur faire prendre un ascenseur pour les disposer tout en haut et au fond de la salle: là où le reste du public ne peut même pas deviner leur présence et où leurs voitures regroupées restent invisibles pour les autres spectateurs….J’ajoute que nous étions un petit groupe d’amis et que nous comptions parmi nous une jeune femme effectivement handicapée et qui nous a été littéralement arrachée dès notre entrée dans le Zénith pour être parquée avec toutes les autres petites voitures….Bien sûr l’accesibilité est une bonne chose, mais voyez vous, Madame la Directrice d’Orléans Gestion: la discrimination est en revanche inadmissible et il ne me semble pas que cela vous préoccupe outre mesure….
Un grand merci en revanche au personnel bénévole de la Croix Rouge, qui se charge précisément d’emmener les personnes handicapées aux places qui leur sont devolues, et dont la gentillesse contribue à atténuer la sensation de malaise crée par cette mise à l’écart….Non décidément j’éprouve une réaction viscérale de rejet à l’égard de ces endroits où l’on trie les gens à l’arrivée pour décider de ce qu’il convient d’en faire…..Pour quelle raison ?…..Devinez!
Une fois la représentation terminée….le “staff ” de tous ceux là qui vous ont si bien accueillis deux heures auparavant se met en place afin de vous faire déguerpir le plus vite possible!….Vous êtes canalisés entre les haies qu’ils forment afin de vous empêcher de vous éparpiller….C’est une suite de regards soupçonneux et froids qui vous accompagnent jusqu’à la sortie…..Le comble du raffinement consiste à fermer les toilettes dans les dix minutes qui suivent le spectacle afin de vous ôter toute possibilité pour un ultime repli….Et tant pis pour les prostates qui souffrent, les vessies qui fuient ou les sphincters qui se relâchent….Il n’y a pas de pitié….Le salut n’est plus que dehors….et à vos risques et périls….
Dehors il faisait frais, la nuit était tombée, les phares des voitures roulant sur la RN20 vers Orléans donnaient une allure encore plus lugubre à la façade de ce Zénith qui dressait dans la nuit sa carcasse….Quelques grilles à franchir, et finalement ce trottoir qui me donnait la sensation de recouvrer ma Liberté ….
Le souvenir du spectacle était déjà loin….Juste restait cette sensation d’avoir vécu un peu dangereusement….Mais était ce vraiment le but recherché: la prochaine fois je me rendrai directement au Musée de la Déportation !



















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